Pagnol traite le sujet de ses romans avec une logique qui s'inscrit dans le contexte littéraire de la pastorale, en puisant ses forces dans une harmonie intérieure héritée de la bucolique. Sa traduction des Bucoliques de Virgile l'a, comme nous le verrons, très certainement influencé dans sa création. Celui qui regarde de plus près les oeuvres de Pagnol en saisira alors la valeur littéraire.
Cette étude critique de La femme du Boulanger, de La fille du puisatier, de La belle meunière, de Jean de Florette et de Manon des sources a pour but de donner au lecteur une autre appréhension de l'oeuvre du grand écrivain.
Andrée Tudesque est née le 9 mai 1947 à Médéa en Algérie. Elle partage son temps entre la Provence et l'Allemagne où elle vit. Elle a fait une partie de ses études de lettres à Aix en Provence ainsi qu'à l'université de Mayence. Elle est titulaire d'un Master of Arts et d'un D.E.A Arts et lettres. Actuellement, elle achève une thèse de troisième cycle en Sciences de l'Éducation, axée sur les "conseils aux étrangers" en Allemagne, où elle enseigne d'ailleurs les langues romanes.
Le choix de mon étude a porté sur Marcel Pagnol, parce qu’il a été le compagnon familier de toute ma jeunesse, en Algérie et en Provence.
Accoutumée aux paysages méditerranéens et aux accents particuliers de la trilogie Marius, Fanny et César, j’avais assimilé Pagnol, au fil des ans, à des galéjades pittoresques et joviales sans rapport réel avec une tradition littéraire.
Or, des années plus tard, la lecture de La belle Meunière, de Jean de Florette, de Manon des Sources, de La femme du boulanger ou de la Fille du Puisatier, m’a révélé des facettes très inattendues de cet auteur si particulier, facettes dont j’ai alors capté les vraies sources... Au-delà du microcosme de l’amuseur, s’est ouvert à moi un univers moyenâgeux hérité de Théocrite et de Virgile ; d’ailleurs Pagnol n’a-t-il pas consacré trente années de sa vie à polir une traduction des Bucoliques ? Cette version, un peu toisée par les spécialistes, témoigne d’un attachement profond à ce genre littéraire, certes, mais elle est surtout, eu égard au long acharnement de Pagnol, la preuve irréfutable d’une nécessaire imprégnation de son œuvre.
« Peut-on parler aussi de jalousie quant à la violation de la sépulture de Pagnol, le 1er novembre 1984, au cimetière de la Treille ? Ce scandale fit la une des journaux français, en particulier du Provençal-Aubagne-La Ciotat du 2 novembre 1983, qui titrait : LA TOMBE DE PAGNOL PROFANÉE À LA TREILLE.
Toutes les suppositions sont permises, cependant, une fois de plus, aucune raison, aucune réponse claire ne peuvent être avancées. Certes, on ne peut pas imputer au tempérament marseillais ces excès, mais une chose demeure évidente, il existe une gêne du Provençal ‘provençalisant’ face à Pagnol ; attaché à ses racines et fier de ses attaches, il l'aime bien, mais on a l'impression qu'il ne lui pardonne pas d'avoir eu du succès en dévoilant la Provence, en la mettant à la portée des Parisiens, par exemple... »
Copyright © 2005 - Editions du Troubadour